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samedi 12 avril 2008

Fruit de l'expérience III

L'homme religieux accepte les égarés ; car soit il a été un égaré, soit il voit dans l'égarement des attachements à de faux objets, soit il comprend que l'égarement peut être éphémère et qu'il peut mener vers Dieu. Dès lors, l'homme religieux accepte tous les dogmes, car Dieu a fait le monde tel qu'il est.

"Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté" (Coran V, 48).

vendredi 11 avril 2008

Fruit de l'expérience II

On peut projeter le mal en nous sur n'importe qui ou n'importe quoi hormis sur un saint ; car, pour que la projection tienne, il est nécessaire que la cible offre des prises.

jeudi 22 mars 2007

A petits pas 2

Le savoir utile à l'homme existe depuis des siècles. Il n'y a pas de nouveauté dans ce savoir qui est complet.

Le problème n'est donc pas vraiment de le trouver, car ce savoir n'est pas caché. Le problème de l'homme est de pouvoir en faire quelque chose, de le transformer en lui-même pour cultiver son jardin intérieur.

Monothéisme et orthodoxie

Le monothéisme et l'orthodoxie spirituelle sont deux aspects de la même position d'équilibre instable, seule voie religieuse pure.

C'est pour cette raison qu'il y a, aura et eut toujours plus d'hétérodoxes que d'orthodoxes, car l'hétérodoxie est plus "simple", comme il y a, aura et eut toujours eu plus de polythéistes que de monothéistes car le polythéisme est plus "stable" car "impur".

dimanche 11 mars 2007

La société de consommation spirituelle

Parfois, je reste un peu perplexe. Je voudrais bien garder des liens sur des blogs à tendance dite "spirituelle", afin de découvrir en eux des gens qui font quelque chose de ce qu'ils lisent, qui le fondent en eux pour l'appliquer, qui prennent de ces sources spirituelles pour devenir meilleurs. Je voudrais lire des gens décrivant leur ressenti sur la voie de la transformation, je voudrais comprendre ce qu'ils ont compris, je voudrais qu'ils en parlent, le détaillent et non restent à un niveau intellectuel pur, à un niveau superficiel, le niveau où les plaisirs n'ont ni épaisseur, ni durée, ni permanence.

Au lieu de cela, le plus souvent quand je m'abonne à un blog, je suis déçu. Je ne vois que des citations, étalées comme des morceaux de viande sur l'étal du boucher. Aucun recul, aucune pensée personnelle, aucun sentiment. Et, quand la pensée se fait personnelle, elle est si "spirituellement correcte" et intellectuelle qu'elle en fait pleurer. On dirait souvent un commentaire de textes de troisième dans lequel l'élève se soucie de ne pas fâcher son professeur, le "lecteur".

Ceux qui refusent "la religion", comme ils disent, sont dans la société de consommation spirituelle, prenant un coup à gauche et un coup à droite, au petit bonheur la chance, une citation qui leur fait un petit plaisir intellectuel et qui est aussi vite oubliée. On épingle alors la citation comme dans une collection de papillons, pris en dehors de tout référentiel religieux. Tous ces blogs sentent l'homme "moderne", l'homme qui juge, qui pense qu'il sait choisir mieux que d'autres avant lui, ça sent la supériorité, l'orgueil, ça sent l'ego.

Fais-je la même chose ? Je ne sais pas. Je ne pense pas. Pas vraiment. Les citations dont j'agrémente mon site son des éléments dans mon parcours, des éléments importants de la transformation de moi-même. Ainsi, certaines citations seraient d'un meilleur effet sur mon blog mais je suis encore incapable de bien les comprendre, alors je ne cite que celles qui me parlent vraiment, qui parlent à mon coeur.

Heureusement, les blogs sur l'islam sont encore les plus authentiques, car cette religion est intacte et pure dans bien des aspects, quoique les gens qui savent tout puissent en penser. Les blogs chrétiens ont du mal à s'autoriser à être mystiques, ce qui est dommage. Ils restent trop dans le dogme. Et les blogs juifs, rares en français, sont souvent trop ésotériques pour moi et emprunts du langage du Zohar que je ne connais pas bien.

Une des premières vérités de la spiritualité est qu'il faut être guidé pour y entrer. Sinon, on s'égare. Car, en spiritualité plus qu'ailleurs, les chemins de l'égarement sont multiples.

samedi 17 février 2007

Une douce critique de Bertrand Russel

N’y a-t-il pas quelque chose d’un peu absurde dans le spectacle d’êtres humains qui tiennent devant eux un miroir et qui pensent que ce qu’ils y voient est tellement excellent que cela prouve qu’il doit y avoir une Intention Cosmique qui, depuis toujours, visait ce but...Si j’étais tout-puissant et si je disposais de millions d’années pour me livrer à des expériences, dont le résultat final serait l’Homme, je ne considérerais pas que j’aurais beaucoup de raisons de me vanter.

Bertrand Russell

Je pensais du bien de Russell voilà quelques années. Mais force est de constater que, à la manière d'un Camus, Russell projette et ne voit que lui-même. C'est certain que si j'avais écrit ce texte, je pourrais dire que "je n'ai pas beaucoup de raisons de me vanter".

C'est le vieux problème de la paille dans son oeil et de la poutre dans l'oeil du voisin, dans les Evangiles. Russell juge en scientifique obtus parce qu'il ne sait pas ce qu'est la religion. Il confond foi et superstitions et montre que s'il maîtrise les sciences dures, il est loin de maîtriser l'homme.

Au fur et à mesure que les années passent et que je m'attaque à mes propres poids intérieurs, je remercie souvent Dieu de ne pas m'avoir donné l'ego de certains autres sur cette planète. Immense ego, prétentieux ego, prosélyte ego que l'ego de certaines grandes figures occidentales, immense orgueil cité en modèle. Sans doute furent-ils de grands "découvreurs". Mais furent-ils de grands hommes ? J'en doute parfois.

Cela n'est pas grave au fond. Ils ont souvent accompli le destin que Dieu leur avait tracé sans même s'en rendre compte. Ils furent au service de la science, ils auraient pu être au service de l'homme ; ils auraient pu être au service de Dieu.

jeudi 8 février 2007

La faute aux catholiques ?

Petite réflexion provocatrice.

Tant de catholiques sincères, tant de chrétiens sincères, sont touchés par des insultes gratuites et récurrentes contre les symboles de leur religion ou de leur foi. Or, ce genre d'insultes ne seraient pas faites aux juifs par nos "médias" défendant la "liberté d'expression" sous peine de passer pour de l'antisémitisme. Il est ainsi difficile de critiquer ouvertement le judaïsme en tant que religion...

Les catholiques ont laissé faire en se repliant sur une certaine "identité". Ils subissent en silence. D'une certaine façon, leur comportement de souffrance s'est érigé en norme dans la société française, l'autre norme étant celle du tabou fait autour de la critique du judaïsme (pour des raisons uniquement politiques d'ailleurs et non religieuses).

Aujourd'hui, les musulmans n'acceptent pas que l'on confonde critique religieuse et mensonge, désinformation, amalgame, racisme et pseudo-critique de la religion. Les chrétiens devraient se poser la question de savoir si leur comportement de souffrance est adapté. Il est en effet possible que les critiques envers eux aient été un peu trop dures, un peu trop mesquines, un peu trop haineuses... Oups, j'ai dit le mot : "haineux". Hé oui, comme durant l'affaire Dreyfus où la presse à la mode vomissait sur les juifs en prétendant "dire la vérité".

Les décennies passent mais la France reste la même. Que n'a-t-on tué au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ? Il est peut-être temps de mettre un peu de fraternité au coeur de tout cela. L'athéisme militant, quand il s'appuie sur la détestation de l'autre, est aussi négatif que le fondamentalisme religieux.

Pour "le pays des Lumières", il semblerait que nos médias et nos politiques soient dans l'obscurité totale.

Mais c'est une lecture ésotérique que d'entendre vanter les Ténèbres quand les gens hurlent qu'ils servent la Lumière.

vendredi 19 janvier 2007

A propos du panthéisme 1

En fait, toutes les choses crées portent la trace de Dieu en elles, voire même d'une certaine façon vivent en Dieu, grâce à Dieu, pour et par Dieu.

Il est de toute manière impossible d'être définitif sur ces points car ce que l'on peut dire de Dieu dépend de l'observateur. Suivant le chemin spirituel de l'adorateur de Dieu, les choses se présenteront différemment, d'un homme à l'autre, d'une minute à l'autre.

Monothéisme ou panthéisme ?

J'ai du mal à comprendre cette fracture aussi énorme entre panthéisme et monothéisme.

Le monde est tel qu'il est en raison de Dieu. La vision monothéiste proclame que Dieu n'est pas son oeuvre mais Il est séparé. Dieu montre aux hommes par la révélation (sens chrétien) ou l'inspiration (sens musulman) l'ordre qu'Il a établi. Il est donc externe au monde. Il est le Créateur, et le Miséricordieux.

Cependant, lors du chemin spirituel vers Dieu, je m'ouvre à moi et aux autres dans l'amour des autres et de moi, dans le respect de leurs différences, dans la conquête de moi-même au travers du pardon de mes péchés (miséricorde) et de la lutte contre mon ego (nafs), dans les pas des saints et des prophètes. Le Dieu monothéiste me donne cette chance d'aller vers Lui, au travers de la foi. Je découvre Ce Qui Est, en moi et en dehors de moi. J'ai un accès panthéiste à Dieu, je le vois présent partout et en toutes choses "au travers de moi". Et ce n'est pas un dieu personnel ou intérieur que je contemple : c'est Dieu qui se reflète sur mon coeur poli.

Pourquoi le fait que Dieu soit consubstantiel à l'Univers et à "moi-même", d'une certaine façon, induirait qu'il ne pourrait pas être aussi séparé ? L'océan reste océan même si je prends une tasse d'eau de mer dans mon gobelet. Cette eau vient de l'océan, elle est une partie de l'océan mais l'Océan reste ce qu'il est sans cette tasse.

C'est pourquoi deux personnes, suivant leur foi et leur avancement spirituel, pourraient très bien voir Dieu différemment et toutes deux avoir raison. L'une verrait Dieu de manière monothéiste, comme un Dieu externe, exotérique en quelque sorte, et l'autre, après combat contre l'ego, se trouvant parfois "dissous" dans l'Océan de Sa miséricorde, verrait Dieu de manière panthéiste, dans toute chose spirituelle, dans son coeur devenu "gobelet" d'eau divine.

J'ai l'impression que les deux visions de Dieu en pur monothéisme (orthodoxie) et en pur panthéisme (hétérodoxie) sont incomplètes l'une sans l'autre. Dieu est à la fois les deux.

Et Il est tellement plus que tous ces mots...