lundi 25 mai 2009

XXIV.

Les doctrines vont par pair : l'un dit une chose, l'autre refuse et dit le contraire. Mais tous les deux sont dans la même croyance. Celui qui refuse est encore plus conditionné que celui qui accepte dans la mesure où sa pensée fait cohabiter sa position de refus comme une positivité alors qu'elle est une négativité.

Que d'énergie perdue.

XXIII.

Le temps est si dense... Mais à courir après lui, on ne le sent jamais dans toute sa densité. C'est parce que notre vide intérieur nous fait peur.

XXII.

Nous sommes les objets de nos attachements.

XXI.

On parle de conscient et d'inconscient, mais parfois, nous ne voulons simplement pas voir. Nous refoulons ce qui nous dérange voilà tout. Et derrière tout cela se cache la peur.

dimanche 24 mai 2009

XX.

Lorsque, dans la relation que nous avons une personne, quelque attente est déçue, nous pouvons voir le prix de l'attachement. Nous avons un comportement qui est, au fond, absurde dans la mesure où nous tentons de ne prendre que les bons côtés. Or, derrière ces bons côté de la vie se cache le plaisir et derrière lui le désir, la volonté, l'ego. Dès que notre désir est satisfait, nous avons un instant de joie fugace. Cette fugacité, c'est l'esprit courant après d'autres désirs, c'est le plaisir de l'instant que la pensée transforme en une expérience qu'il "faut" revivre. Or, le désir va avec le déplaisir. On ne peut pas l'en séparer. Une attente déçue est un déplaisir. Nous aurions aimé que ce qui est soit différent.

On ne peut jouer sans cesse à remplir les désirs des autres, car nous sommes alors l'objet du plus grand tyran chez la personne qui nous fait face : son désir. Comme le nôtre, il est inconstant, changeant, et capricieux.

XIX.

Un moment de joie.

XVIII.

J'ai eu tant d'éclairs de vision pénétrante et pourtant, j'ai l'impression de n'en avoir rien gardé.
Ma pensée a créé une expérience de ce fait de n'en avoir rien gardé, afin de me montrer que ces éclairs de vision pénétrante ne servaient à rien puisque je n'en pouvais rien thésauriser.

Même quand on est décidé à la faire taire, la pensée revient, consciemment ou inconsciemment, avec notre conditionnement.

Il est donc une vigilance de tous les instants que de s'apercevoir de cette constante volonté de l'ego de tout récupérer à son propre bénéfice.

XVII.

Ai surpris très récemment comment la pensée associe un fait à ce qui n'y est pas connecté. Cet état de représentation trompe et cache la vérité du fait.

Il en est de même pour la recherche de solutions. Rechercher une solution est une évasion à la vision du problème dans ce qu'il est. Si je vois le problème dans ce qu'il est, alors je n'ai plus besoin de chercher de solution.

D'une manière générale, "chercher" n'est pas la bonne approche. Il faut cultiver la vision dans l'instant.

samedi 23 mai 2009

XVI.

Tant de pseudo-maîtres spirituels cultivent leur ego. Car le fait de lutter contre l'ego cultive l'ego.

XV.

La plupart d'entre nous sommes rongés par l'ambition, l'envie de devenir quelque chose. Ceux qui ne le sont pas font semblant d'avoir abdiqué, mais ils ont transformé cette envie en quelque chose d'autre. L'ambition reste là, tapie, sournoise, présente, mais elle vise une chose que les autres ne visent pas.

Seul celui qui vit dans le présent n'ambitionne rien, mais ce genre de personnes est d'une rareté extrême. Car il ne faut pas croire que la recherche religieuse, la recherche d'un sens à la vie, ne soit pas une forme viciée de l'ambition. La recherche artistique est, elle aussi, une forme d'ambition.

L'ambition est fille de l'ego, et l'ego est le produit de la pensée et du temps. L'ambition, c'est se projeter dans le temps, c'est être dans le devenir, c'est regarder le passé pour envisager un futur plus glorieux, que ce futur soit fait de réputation, d'argent, de biens matériels ou de recherche spirituelle.

Vivre dans le présent, c'est voir que tout cela n'est que chimère et que conventions sociales, que conditionnement.

XIV.

Je surprends ma pensée à vagabonder. Quand je m'en aperçois, elle disparaît brièvement avant de représenter à nouveau ce que je viens de vivre comme une expérience. Pendant un instant, le vide était là, avant que le mot vide ne vienne se superposer au vide réel

mercredi 20 mai 2009

XIII.

Examinons un exemple de choix se présentant à la pensée. La pensée est réaction face à un stimulus extérieur. Il me semble voir deux types de personnes dans un certain cadre : celles qui ne vont plus apprendre à partir d'un certain âge et celles qui vont continuer d'apprendre. Suivant dans quelle catégorie je me trouve (au niveau de la représentation interne de moi-même), je vais critiquer les uns et soutenir les autres.

Ce choix est typique d'une illusion. Si nous le regardons avec attention, nous voyons que ce choix évoque en nous la trace du passé, donc notre conditionnement. Au travers de ce conditionnement, nous jugeons. Mais si nous regardons les faits de ce qui est. Il semble être un fait que ceux qui n'apprennent pas tous les jours ont l'esprit qui semble se figer; ils nous semblent moins adaptables. Ceux qui apprennent tous les jours se chargent chaque jour un peu plus de la pensée des autres.

Comment donc établir un jugement sur ces faits ? Selon ma manière de regarder, de représenter les choses, je vais trouver les choses tantôt ceci ou tantôt cela.

Il est donc évident que le fait de choisir n'est pas le problème. Choisir c'est juger au regard de notre ego et du passé. S'il n'y a pas d'ego, il n'y a pas de choix, il n'y a que l'acte. Le choix est une illusion qui fortifie l'ego.

XII.

Nous ne pouvons lutter contre l'ego au moyen de l'effort, car la structure même de l'effort renforce l'ego. Existe-t-il un moyen de lutter contre l'ego sans renforcer l'ego ? Lutter n'est pas un bon mot. Car dans la lutte, il y a le lutteur et l'objet contre lequel il lutte. Il y a dissociation du moi, il y a donc l'ego. En fait, cette dissociation est une séparation artificielle que l'esprit se joue à lui-même. Il tente de faire semblant d'être un observateur et un observé. Mais il est en fait un.

Ce que nous pouvons apprendre du concept de lutte tel qu'il nous apparaît est que si nous sommes erronément habitués à lutter contre nous même, à lutter dans le devenir, à lutter pour transformer ce qui est en ce que nous voudrions que les choses soient, nous voyons que la lutte intérieure se reflète en lutte extérieure. Le monde extérieur est lutte continuelle, tout comme l'est notre monde intérieur sous l'impulsion de l'ego.

Il faut donc observer l'ego, le moi, sans le juger, sans le justifier, sans le condamner, le regarder dans son ensemble comme un fait qui est. C'est dans cette attention que l'ego se tait.

XI.

D'aucuns "gèrent" leur talent artistique. C'est un contre-sens. L'état créatif est un état présent. Dès lors que l'on gère des idées comme d'autres possessions matérielles, on est dans le domaine de l'intellect, dans le domaine de la thésaurisation, de l'expérience, du passé, des choses mortes. D'une certaine façon, cette façon de faire est le signe indubitable d'un raidissement du moi, d'une glaciation du moi, d'une paralysie du moi. Cet état du moi est le signe par définition d'un état non créatif, cela étant dit au sens propre du terme. Dès lors que l'ego se complaît dans son lui-même, il est dans le passé, dans le connu. Or le connu ne peut être que répétition et non création.

La connaissance de soi apporte l'état créatif. Il ne faut donc pas confondre état créatif et gestion agréable de la copie. Avec l'inflation du moi, avec le renforcement du moi,l'état créatif est perdu. L'état créatif n'est que captation du présent, de ce qui est.

X.

Si l'on veut être, on n'est rien. Si l'on est ouvert au sentiment de n'être rien, on est. Bien sûr, dès que l'on veut devenir, on n'est plus.

mardi 19 mai 2009

IX.

La base de la mécanique du désir est une routine. Il serait bien de voir si nous pouvons en sortir.

VIII.

La mécanique du désir est basée sur un objet qui nous procure une sensation. De fait, nous recherchons cette sensation sur la base de ce qui a été expérimenté et enregistré par la mémoire. Le désir est donc basé sur le passé avec pour but de restaurer une sensation. Son objet est divers et changeant.

VII.

Vu ce matin : mon conflit intérieur est le conflit du monde. Aussitôt vu, la pensée passe à autre chose et fait fuir la nervosité. Durant ce mouvement, il y a une période de blanc, comme si toute pensée cessait durant un temps.

lundi 18 mai 2009

VI.

Notre culture vante les efforts. Mais qu'est-ce qu'apporte l'effort ? L'effort est un moyen que nous avons pour tendre vers un but. L'effort est fils de la volonté, et la volonté est fille du désir. Je veux avoir cette chose, je veux être quelqu'un, je voudrais devenir célèbre, je voudrais écrire un livre, etc. Je mets en œuvre ma volonté dans le but de satisfaire mon désir. Mon arriver à mes fins, ma volonté implique un effort de ma part. Je vais donc me contraindre. Le désir implique donc la contrainte. Bien entendu, je vais rêver d'accomplir mon désir et d'y trouver mon plaisir. Si je réussis, mon plaisir ne durera qu'un temps et je serai de nouveau insatisfait. Si j'échoue, je serai malheureux de ne pas obtenir la fruit de mon désir.

La réalité est que je ne peux m'accommoder de ce qui est et qu'il me faut quelque chose de plus.

V.

C'est drôle. Nous savons que penser à un problème ne le résout pas. En fait, nous savons que penser à un problème n'a jamais résolu aucun problème, et pourtant, nous nous évertuons à y penser, comme si nous allions trouver la solution. Après bien des efforts, nous avons une soit-disant solution. Puis, nous croisons un ami qui nous éclaire et tout notre effort se trouve réduit à néant. le problème est donc bien la pensée, ainsi que l'effort.

IV.

J'ai toujours pensé que nous ne savions pas penser. En fait, le problème est plus profond : ce n'est pas que nous ne savons penser, mais penser ne suffit pas. Tout ce qui est issu de la pensée est inférence depuis des influences ou des expériences passées. Il y a donc un véritable piège de l'intellect dans lui-même. Ce piège, c'est le moi.

III.

Le désir ne dure jamais, tout comme le plaisir. Pourquoi rêvons-nous d'un plaisir qui ne finit jamais ?

II.

J'ai tellement écrit. En fait, "je" a tellement écrit. Mais je est du passé. Et combien je me sens loin de ces mots maintenant.

La rencontre avec le moi mais sans le moi. J'ai toujours su que mon moi n'était qu'illusion. Il était trop circonstanciel, trop prévisible, trop intellectuel, trop plein du passé de l'expérience, trop plein de connu. A force de trop tourner dedans, j'ai blâmé le monde, sans comprendre que le monde était moi ou plutôt que le monde était une projection de moi-même en moi-même. Le monde me semblait petit, trop humain dans le sens égotique du terme. Mais je ne regardais que moi...

dimanche 17 mai 2009

I.

Ai vu au détour d'un blog comment l'ego se ment spirituellement. Cela m'a fait une certaine peine. Mon ego a ressenti du mépris.

mardi 3 mars 2009

"Fonctionnalité"

Des gens "inventent" des "fonctionnalités". Moi, je n'invente rien ; je suis vide. Et encore. Quoique vide, je me trouve encore trop plein.

samedi 1 novembre 2008

Absorption

A quoi sert d'écrire alors que le monde est plein de signes du Verbe ?

L'homme se trompe quand il veut absorber des mots, de la musique, des images. Le chemin est au contraire de ne pas absorber pour Le sentir.

L'absorption est une fuite, car se remplir rend sourd. Se remplir de nourriture, de livres, de sons, d'images, tout est équivalent. Se vider est la voie.

Certains écrivent, mais l'écriture, c'est l'ego qui se regarde, c'est l'ego qui pense à son immortalité. Ecrire est un péché si ce n'est pas un don.

samedi 14 juin 2008

L'histoire des 4 premiers siècles après Jésus Christ

Il est bon que les historiens s'intéressent à cette période, car elle est une époque charnière dans notre monde occidental de tradition chrétienne. Très étudiée voilà quelques siècles, cette époque semblait passée de mode. Il aura fallu retrouver des textes apocryphes au XXème pour relancer les études (Mer Morte, Nag Hammadi).

Mais, s'intéresser à l'histoire du christianisme sans être croyant peut mener à un certain nombre de contresens comme on le voit aujourd'hui, dans les travaux des historiens athées.

Un de ces derniers écrivait récemment que cette période (les quatre premiers siècles après Jésus Christ) était composée uniquement de juifs et de païens, mais pas de chrétiens. Historiquement, au travers d'un oeil athée, cette thèse est intellectuellement défendable. Elle ne l'est plus au regard des débats théologiques qui eurent lieu sur l'interprétation du Nouveau Testament et des écrits apocryphes associés.

Comme à chaque grand moment de l'histoire religieuse, divers courants se créent, réfléchissent, inventent leurs interprétations plus ou moins intellectuelles, débattent, se groupent en sectes (au sens premier du terme et non au sens péjoratif actuel). Il y a, à ce moment, une effervescence religieuse qui tente de "digérer" le message de Jésus dans un contexte judaïque assez éloigné du judaïsme des temps anciens. Jésus, le premier, avait des relations difficiles avec les autorités juives de son époque, et on ne peut pas dire que cet état de fait n'ait pas contribué à tendre de manière chronique les relations entre les deux communautés.

Il est donc faux historiquement de considérer que le Nouveau Testament est une prolongation naturelle de l'Ancien pour tous les hommes de ces quatre premiers siècles. Les Pères de l'Eglise nous montrent quelles variations le corpus apocryphe fait autour de doctrines qui seront, un jour, qualifiées d'hérétiques : on y trouve des interprétations purement gnostiques, des visions spirituelles (qui font penser à des branches mystiques), d'autres très matérialistes et d'autres dans lequel le sentiment chrétien s'éveille, en allant vers ce qu'il est devenu plus tard. Dans toutes ces lectures, on ne trouve pas uniquement des "païens" (au sens moderne) et des "juifs" (au sens moderne aussi), mais des gens hésitant ou en recherche, des gens proposant leur vision des textes (parfois proposant aussi des pseudo-textes écrits par eux-mêmes comme prétendus évangiles) et se battant entre eux sur les meilleures interprétations d'un fait qui, quoiqu'il ait probablement été précédé par certains sentiments religieux pré-chrétiens, n'en demeure pas moins, une évolution majeure du judaïsme.

Ainsi, le fait que tous les humains soient concernés par le christianisme et non pas le seul peuple élu, le fait que Dieu ne soit plus uniquement un Dieu vengeur, ou un Législateur, mais un Dieu d'Amour, ces changements sont assez radicaux pour dénoter une vision très différente entre les Evangiles et l'Ancien Testament. Ce point fut d'ailleurs pris pour argument par de nombreuses sectes chrétiennes qui, soit refusèrent la filiation des deux textes (en ne voulant conserver que le Nouveau Testament), soit conclurent que le Dieu de l'Ancien et celui qui du Nouveau n'étaient pas les mêmes (sur fond de panthéon gnostique avec hiérarchie entre les "deux" dieux).

Ainsi, s'il est bien que des historiens prennent complexe ce sujet à bras le corps, il convient de les avertir sur les risques suivants :
- s'il est clair que le terme "chrétien" a peut être un sens différent à l'époque du sens que ce terme a aujourd'hui, il est trop rapide de dire que les chrétiens n'existaient pas avant la fin du quatrième siècle ;
- il faut lire les Pères de l'Eglise pour comprendre le christianisme comme une évolution fondamentale de la vision de Dieu, comme précision et découverte d'une nouvelle forme de monothéisme (les hindous diraient bhakti yoga, le yoga de la dévotion) ;
- il faut lire les Pères de l'Eglise pour comprendre pourquoi certaines doctrines furent qualifiées par la suite d'hérésies (et cette partie est loin d'être simple à comprendre) ; cette époque est indissociable de l'hérésiologie dans la mesure où les grands débats théologiques de cette époque fondent l'Eglise de Rome ;
- il est insuffisant de faire une phénoménologie historique (une historiographie) de cette époque pour en conclure des choses sur le sentiment religieux ; c'est là un vice de forme : la phénoménologie ne voyant que la surface des choses ne peut explorer le sens religieux profond ;
- il est toujours risqué qu'un athée disserte sur ces sujets, car il n'est capable d'imaginer que ce qu'il est, et donc il fait souvent beaucoup de contresens involontaires dans ses interprétations du fait religieux, du fait même que son système de valeurs est différent ;
- il faut prendre certains textes apocryphes avec beaucoup de prudence ; peut-être que comme il a été dit et écrit, la sélection "officielle" des textes pour le Nouveau Testament n'était peut-être pas la meilleure, mais certains textes apocryphes ont beau être de beaux "objets historiques", ils sont totalement ineptes dans un cadre religieux (l'Evangile de Judas, par exemple) ; c'est un peu comme si on tentait de comprendre la religion du XXIème siècle en ne lisant que certains fragments de blogs athées...

Quelle passionnante époque, et donc, que de dangers les historiens doivent-ils affronter. Car quand on parle de religion, on se trouve en face de son propre miroir : les bêtises que l'on écrit, même si elles traitent d'un sujet fort sérieux, ne montrent souvent que la bêtise intrinsèque ou la prétention de leur auteur.

lundi 5 mai 2008

Les vaguelettes de l'esprit

Il faut avoir un certain courage, ou une certaine folie pour vouloir sortir de Maya. Découvrir le Soi, c'est découvrir ce qui n'est pas Soi, c'est travailler les contraires.

C'est s'apercevoir que les vaguelettes de notre esprit sont toujours les mêmes réponses aux mêmes stimuli. Même les états mentaux les plus présents sont les fruits de ces vaguelettes, ces vaguelettes qui se ressemblent, que nous avons déjà vécu et que nous revivrons encore et encore. Vaguelettes et Maya font bon ménage, car les vaguelettes font aussi partie de Maya. Elles ont la substance de l'illusion.

Cela est facilement démontrable. Je m'énerve pour une chose qui traditionnellement m'énerve. Mais si cette chose n'était pas survenue, je ne me serais pas énervé. La cause n'aurait pas produit la conséquence de toujours. En moi est cette capacité dé générer la vague mentale qui me nuit.

Voir les vaguelettes, c'est comme voir le temps, le futur, les causes et les conséquences. Savoir que tel événement produira la vaguelette, que telle vaguelette produira des effets qui seront à leur tour les causes d'autres effets. Savoir que le faiseau des conséquences emportera le monde là où Il veut aller. C'est parfois dur de rester là en silence en comprenant ce qui va se produire. Car les gens n'entendent pas, car ils n'écoutent pas. Ils préfèrent être pilotés par leurs vaguelettes. Ils ne sont pas libres. Mais il faut reconnaître que le chemin n'est pas facile.

Ces vaguelettes donnent une impression de nouveauté, mais elles ne sont que le fruit de notre expérience, de notre ego, de tout ce que nous pensons être nous-mêmes et à quoi nous sommes si attachés. Car, nous y sommes tant attachés à ces vaguelettes... Nous voyons les autres au travers de certaines de leurs vaguelettes. Qu'il est étrange de se voir intérieurement de la sorte...

dimanche 4 mai 2008

Le sens des mots

On croit souvent que tout le monde met le même sens derrière le même mot. Rien n'est plus faux. Or, parfois, on aimerait que, pour certains, les mots aient vraiment le sens qu'ils eurent un jour.

D'ailleurs on peut reconnaître certains traits pathologiques de l'homme quand il donne à certains mots des significations tout à fait personnelles. Parfois, ce n'est même pas pathologique, mais c'est de l'absence de connaissance ; dans ce cas, en parlant avec quelqu'un, nous entrons directement dans ses fantasmes, au travers de ses mots.

Bien entendu, certains mots prennent un malin plaisir à échapper à la définition "satisfaisante"...

Véridique

Notre approche intellectuelle du monde implique que nous écoutons trop souvent avec la tête et non avec le coeur. Ainsi, on peut tout entendre d'un véridique ; mais le monde est si plein de non véridiques.

La personne qui dit la vérité devient la vérité. C'est la personne qui compte et non les mots.

jeudi 1 mai 2008

L'oubli

Les hommes oublient, ou ne savent pas que d'autres hommes ont déjà travaillé les sujets qu'ils abordent. Ainsi, l'homme réinvente sans arrêt la même chose, avec parfois des qualités moindres que les inventions d'auparavant.

L'oubli ou la non connaissance, deux problèmes de l'homme.

samedi 12 avril 2008

Différence

Il y a une différence entre tolérance et acceptation. Le sage accepte, tandis que l'intolérant tolère. Quand on "tolère", on classe les gens que l'on tolère comme potentiellement non-tolérables. La notion de tolérance est donc une notion d'exclusion, et non d'acception de l'autre.

Fruit de l'expérience III

L'homme religieux accepte les égarés ; car soit il a été un égaré, soit il voit dans l'égarement des attachements à de faux objets, soit il comprend que l'égarement peut être éphémère et qu'il peut mener vers Dieu. Dès lors, l'homme religieux accepte tous les dogmes, car Dieu a fait le monde tel qu'il est.

"Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté" (Coran V, 48).

vendredi 11 avril 2008

Rapprochement scabreux

Le christianisme catholique vante le bhakti-yoga tandis que les mouvements ésotériques comme les mouvements franc-maçons ou apparentés vantent le jnana-yoga.

Ceci invite à deux commentaires :

  1. Les tendances bhakti et jnana existent sous tous les climats ;
  2. Leur cohabitation est, en Europe, très dure alors que les deux voies spirituelles existeront toujours et que donc il serait plus sage d'accepter l'existence de toutes ces tendances plutôt que de les combattre.

Fruit d'une longue expérience, de Max Ernst

Fruit de l'expérience II

On peut projeter le mal en nous sur n'importe qui ou n'importe quoi hormis sur un saint ; car, pour que la projection tienne, il est nécessaire que la cible offre des prises.

Fruit de l'expérience I

Notre destin s'accomplit, dans une large mesure, au travers des personnes de qualité que nous rencontrons. A l'inverse, si le cours des choses nous fait rester auprès de personnes qui n'ont que peu d'intérêt, certains de nos potentiels ou de nos travers ne pourront respectivement fleurir ou guérir.

jeudi 10 avril 2008

Une défense européenne, la hantise des US

L'équation est bien connue des dirigeants : chaque habitant donne dans ses impôts une somme x qui sera dédiée à la défense. Si ne nombre d'habitants N d'un pays est grand, alors Nx est grand ; vice versa, si N est petit, Nx est petit.

Si l'Europe organise une défense commune à laquelle participent tous les états membres, (Nx)Europe ≥ (Nx)US. De quoi déstabiliser quelques régimes de plus et de concurrencer un certain impérialisme. A éviter donc pour le pouvoir en place.

Un peu de logique

Si deux membres d'une confrérie religieuse d'inspiration "bouddhiste" font de la politique et réclament la "liberté" d'un peuple, ainsi qu'une "indépendance", notion purement historique et incongrue dans la théologie bouddhiste, il va de soi que ces deux membres :

  1. ne sont pas des religieux mais des politiques ;
  2. cherchent, par ces proclamations, à reprendre un pouvoir de type politique à une autre puissance politique ;
  3. ont une volonté de retour arrière pour le peuple qu'ils font semblant de défendre en manipulant l'opinion publique occidentale.
Ainsi, Dalaï-lama et Panchen-lama sont deux activistes politiques avides de faire revenir les tibétains dans le marasme superstitieux dans lequel la caste des moines les avait si longtemps retenus, avant l'invasion des chinois. Ces derniers ont certes détruit beaucoup de temples, mais la vérité est plus complexe qu'il n'y paraît. Des esclaves travaillant gratuitement, voilà ce que revendiquent les "sages" tibétains, voilà probablement l'objet de la querelle.

Point de spiritualité là-dedans, point de bons sentiments, mais de la manipulation et une lutte de deux entités politiques l'une contre l'autre.

Quelle vilaine image du bouddhisme...

mercredi 9 avril 2008

Cherchez le gourou ou le gourou vous trouve ?

But : trouver un gourou pur, à l'image de Dieu. Difficile en ces temps de Kali-Yuga. Et en même temps, cela a toujours été difficile. Le coeur du disciple guide vers le gourou. Le coeur du gourou reflète Dieu.