samedi 14 juin 2008

L'histoire des 4 premiers siècles après Jésus Christ

Il est bon que les historiens s'intéressent à cette période, car elle est une époque charnière dans notre monde occidental de tradition chrétienne. Très étudiée voilà quelques siècles, cette époque semblait passée de mode. Il aura fallu retrouver des textes apocryphes au XXème pour relancer les études (Mer Morte, Nag Hammadi).

Mais, s'intéresser à l'histoire du christianisme sans être croyant peut mener à un certain nombre de contresens comme on le voit aujourd'hui, dans les travaux des historiens athées.

Un de ces derniers écrivait récemment que cette période (les quatre premiers siècles après Jésus Christ) était composée uniquement de juifs et de païens, mais pas de chrétiens. Historiquement, au travers d'un oeil athée, cette thèse est intellectuellement défendable. Elle ne l'est plus au regard des débats théologiques qui eurent lieu sur l'interprétation du Nouveau Testament et des écrits apocryphes associés.

Comme à chaque grand moment de l'histoire religieuse, divers courants se créent, réfléchissent, inventent leurs interprétations plus ou moins intellectuelles, débattent, se groupent en sectes (au sens premier du terme et non au sens péjoratif actuel). Il y a, à ce moment, une effervescence religieuse qui tente de "digérer" le message de Jésus dans un contexte judaïque assez éloigné du judaïsme des temps anciens. Jésus, le premier, avait des relations difficiles avec les autorités juives de son époque, et on ne peut pas dire que cet état de fait n'ait pas contribué à tendre de manière chronique les relations entre les deux communautés.

Il est donc faux historiquement de considérer que le Nouveau Testament est une prolongation naturelle de l'Ancien pour tous les hommes de ces quatre premiers siècles. Les Pères de l'Eglise nous montrent quelles variations le corpus apocryphe fait autour de doctrines qui seront, un jour, qualifiées d'hérétiques : on y trouve des interprétations purement gnostiques, des visions spirituelles (qui font penser à des branches mystiques), d'autres très matérialistes et d'autres dans lequel le sentiment chrétien s'éveille, en allant vers ce qu'il est devenu plus tard. Dans toutes ces lectures, on ne trouve pas uniquement des "païens" (au sens moderne) et des "juifs" (au sens moderne aussi), mais des gens hésitant ou en recherche, des gens proposant leur vision des textes (parfois proposant aussi des pseudo-textes écrits par eux-mêmes comme prétendus évangiles) et se battant entre eux sur les meilleures interprétations d'un fait qui, quoiqu'il ait probablement été précédé par certains sentiments religieux pré-chrétiens, n'en demeure pas moins, une évolution majeure du judaïsme.

Ainsi, le fait que tous les humains soient concernés par le christianisme et non pas le seul peuple élu, le fait que Dieu ne soit plus uniquement un Dieu vengeur, ou un Législateur, mais un Dieu d'Amour, ces changements sont assez radicaux pour dénoter une vision très différente entre les Evangiles et l'Ancien Testament. Ce point fut d'ailleurs pris pour argument par de nombreuses sectes chrétiennes qui, soit refusèrent la filiation des deux textes (en ne voulant conserver que le Nouveau Testament), soit conclurent que le Dieu de l'Ancien et celui qui du Nouveau n'étaient pas les mêmes (sur fond de panthéon gnostique avec hiérarchie entre les "deux" dieux).

Ainsi, s'il est bien que des historiens prennent complexe ce sujet à bras le corps, il convient de les avertir sur les risques suivants :
- s'il est clair que le terme "chrétien" a peut être un sens différent à l'époque du sens que ce terme a aujourd'hui, il est trop rapide de dire que les chrétiens n'existaient pas avant la fin du quatrième siècle ;
- il faut lire les Pères de l'Eglise pour comprendre le christianisme comme une évolution fondamentale de la vision de Dieu, comme précision et découverte d'une nouvelle forme de monothéisme (les hindous diraient bhakti yoga, le yoga de la dévotion) ;
- il faut lire les Pères de l'Eglise pour comprendre pourquoi certaines doctrines furent qualifiées par la suite d'hérésies (et cette partie est loin d'être simple à comprendre) ; cette époque est indissociable de l'hérésiologie dans la mesure où les grands débats théologiques de cette époque fondent l'Eglise de Rome ;
- il est insuffisant de faire une phénoménologie historique (une historiographie) de cette époque pour en conclure des choses sur le sentiment religieux ; c'est là un vice de forme : la phénoménologie ne voyant que la surface des choses ne peut explorer le sens religieux profond ;
- il est toujours risqué qu'un athée disserte sur ces sujets, car il n'est capable d'imaginer que ce qu'il est, et donc il fait souvent beaucoup de contresens involontaires dans ses interprétations du fait religieux, du fait même que son système de valeurs est différent ;
- il faut prendre certains textes apocryphes avec beaucoup de prudence ; peut-être que comme il a été dit et écrit, la sélection "officielle" des textes pour le Nouveau Testament n'était peut-être pas la meilleure, mais certains textes apocryphes ont beau être de beaux "objets historiques", ils sont totalement ineptes dans un cadre religieux (l'Evangile de Judas, par exemple) ; c'est un peu comme si on tentait de comprendre la religion du XXIème siècle en ne lisant que certains fragments de blogs athées...

Quelle passionnante époque, et donc, que de dangers les historiens doivent-ils affronter. Car quand on parle de religion, on se trouve en face de son propre miroir : les bêtises que l'on écrit, même si elles traitent d'un sujet fort sérieux, ne montrent souvent que la bêtise intrinsèque ou la prétention de leur auteur.

lundi 5 mai 2008

Les vaguelettes de l'esprit

Il faut avoir un certain courage, ou une certaine folie pour vouloir sortir de Maya. Découvrir le Soi, c'est découvrir ce qui n'est pas Soi, c'est travailler les contraires.

C'est s'apercevoir que les vaguelettes de notre esprit sont toujours les mêmes réponses aux mêmes stimuli. Même les états mentaux les plus présents sont les fruits de ces vaguelettes, ces vaguelettes qui se ressemblent, que nous avons déjà vécu et que nous revivrons encore et encore. Vaguelettes et Maya font bon ménage, car les vaguelettes font aussi partie de Maya. Elles ont la substance de l'illusion.

Cela est facilement démontrable. Je m'énerve pour une chose qui traditionnellement m'énerve. Mais si cette chose n'était pas survenue, je ne me serais pas énervé. La cause n'aurait pas produit la conséquence de toujours. En moi est cette capacité dé générer la vague mentale qui me nuit.

Voir les vaguelettes, c'est comme voir le temps, le futur, les causes et les conséquences. Savoir que tel événement produira la vaguelette, que telle vaguelette produira des effets qui seront à leur tour les causes d'autres effets. Savoir que le faiseau des conséquences emportera le monde là où Il veut aller. C'est parfois dur de rester là en silence en comprenant ce qui va se produire. Car les gens n'entendent pas, car ils n'écoutent pas. Ils préfèrent être pilotés par leurs vaguelettes. Ils ne sont pas libres. Mais il faut reconnaître que le chemin n'est pas facile.

Ces vaguelettes donnent une impression de nouveauté, mais elles ne sont que le fruit de notre expérience, de notre ego, de tout ce que nous pensons être nous-mêmes et à quoi nous sommes si attachés. Car, nous y sommes tant attachés à ces vaguelettes... Nous voyons les autres au travers de certaines de leurs vaguelettes. Qu'il est étrange de se voir intérieurement de la sorte...

dimanche 4 mai 2008

Le sens des mots

On croit souvent que tout le monde met le même sens derrière le même mot. Rien n'est plus faux. Or, parfois, on aimerait que, pour certains, les mots aient vraiment le sens qu'ils eurent un jour.

D'ailleurs on peut reconnaître certains traits pathologiques de l'homme quand il donne à certains mots des significations tout à fait personnelles. Parfois, ce n'est même pas pathologique, mais c'est de l'absence de connaissance ; dans ce cas, en parlant avec quelqu'un, nous entrons directement dans ses fantasmes, au travers de ses mots.

Bien entendu, certains mots prennent un malin plaisir à échapper à la définition "satisfaisante"...

Véridique

Notre approche intellectuelle du monde implique que nous écoutons trop souvent avec la tête et non avec le coeur. Ainsi, on peut tout entendre d'un véridique ; mais le monde est si plein de non véridiques.

La personne qui dit la vérité devient la vérité. C'est la personne qui compte et non les mots.

jeudi 1 mai 2008

L'oubli

Les hommes oublient, ou ne savent pas que d'autres hommes ont déjà travaillé les sujets qu'ils abordent. Ainsi, l'homme réinvente sans arrêt la même chose, avec parfois des qualités moindres que les inventions d'auparavant.

L'oubli ou la non connaissance, deux problèmes de l'homme.

samedi 12 avril 2008

Différence

Il y a une différence entre tolérance et acceptation. Le sage accepte, tandis que l'intolérant tolère. Quand on "tolère", on classe les gens que l'on tolère comme potentiellement non-tolérables. La notion de tolérance est donc une notion d'exclusion, et non d'acception de l'autre.

Fruit de l'expérience III

L'homme religieux accepte les égarés ; car soit il a été un égaré, soit il voit dans l'égarement des attachements à de faux objets, soit il comprend que l'égarement peut être éphémère et qu'il peut mener vers Dieu. Dès lors, l'homme religieux accepte tous les dogmes, car Dieu a fait le monde tel qu'il est.

"Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté" (Coran V, 48).

vendredi 11 avril 2008

Rapprochement scabreux

Le christianisme catholique vante le bhakti-yoga tandis que les mouvements ésotériques comme les mouvements franc-maçons ou apparentés vantent le jnana-yoga.

Ceci invite à deux commentaires :

  1. Les tendances bhakti et jnana existent sous tous les climats ;
  2. Leur cohabitation est, en Europe, très dure alors que les deux voies spirituelles existeront toujours et que donc il serait plus sage d'accepter l'existence de toutes ces tendances plutôt que de les combattre.

Fruit d'une longue expérience, de Max Ernst

Fruit de l'expérience II

On peut projeter le mal en nous sur n'importe qui ou n'importe quoi hormis sur un saint ; car, pour que la projection tienne, il est nécessaire que la cible offre des prises.

Fruit de l'expérience I

Notre destin s'accomplit, dans une large mesure, au travers des personnes de qualité que nous rencontrons. A l'inverse, si le cours des choses nous fait rester auprès de personnes qui n'ont que peu d'intérêt, certains de nos potentiels ou de nos travers ne pourront respectivement fleurir ou guérir.

jeudi 10 avril 2008

Une défense européenne, la hantise des US

L'équation est bien connue des dirigeants : chaque habitant donne dans ses impôts une somme x qui sera dédiée à la défense. Si ne nombre d'habitants N d'un pays est grand, alors Nx est grand ; vice versa, si N est petit, Nx est petit.

Si l'Europe organise une défense commune à laquelle participent tous les états membres, (Nx)Europe ≥ (Nx)US. De quoi déstabiliser quelques régimes de plus et de concurrencer un certain impérialisme. A éviter donc pour le pouvoir en place.

Un peu de logique

Si deux membres d'une confrérie religieuse d'inspiration "bouddhiste" font de la politique et réclament la "liberté" d'un peuple, ainsi qu'une "indépendance", notion purement historique et incongrue dans la théologie bouddhiste, il va de soi que ces deux membres :

  1. ne sont pas des religieux mais des politiques ;
  2. cherchent, par ces proclamations, à reprendre un pouvoir de type politique à une autre puissance politique ;
  3. ont une volonté de retour arrière pour le peuple qu'ils font semblant de défendre en manipulant l'opinion publique occidentale.
Ainsi, Dalaï-lama et Panchen-lama sont deux activistes politiques avides de faire revenir les tibétains dans le marasme superstitieux dans lequel la caste des moines les avait si longtemps retenus, avant l'invasion des chinois. Ces derniers ont certes détruit beaucoup de temples, mais la vérité est plus complexe qu'il n'y paraît. Des esclaves travaillant gratuitement, voilà ce que revendiquent les "sages" tibétains, voilà probablement l'objet de la querelle.

Point de spiritualité là-dedans, point de bons sentiments, mais de la manipulation et une lutte de deux entités politiques l'une contre l'autre.

Quelle vilaine image du bouddhisme...

mercredi 9 avril 2008

Cherchez le gourou ou le gourou vous trouve ?

But : trouver un gourou pur, à l'image de Dieu. Difficile en ces temps de Kali-Yuga. Et en même temps, cela a toujours été difficile. Le coeur du disciple guide vers le gourou. Le coeur du gourou reflète Dieu.

samedi 22 mars 2008

La paix et la tempête

C'est ce que je ressens en ce moment. Je touche parfois la paix. Je suis ballotté dans la tempête. Etrangement, ces deux côtés semblent coexister assez bien comme s'ils n'étaient que les deux faces d'une même réalité.

vendredi 21 mars 2008

Citation de Jacques Sourmail

Un passé qui traîne ses restes dans le présent, un passé qui ne passe point attire le mal.

Coïncidence historique

Etrangement, la passion de l'ésotérisme semble disparaître quand la psychanalyse arrive, non que cette dernière réinvente l'ésotérisme, contrairement à ce qui est parfois pensé, ni ne le chasse, car il subsiste, mais on dirait qu'il perd de son aura. Les profondeurs de l'âme font-elles plus peur qu'un ésotérisme dont la teneur s'est perdue au fil des années ? A trop écrire sur les choses "cachées", ce que l'on écrit n'a plus beaucoup de sens, car la substance se perd quand les mots tentent à tous prix de la cataloguer (cf. Papus, le grand "catalogueur").

vendredi 14 mars 2008

Les rets du Karma II

Se libérer de l'attachement aux fruits de ses actes est la seule façon de se libérer des rets du Karma. Cela m'apparaît désormais comme une tautologie.

mercredi 12 mars 2008

Les rets du Karma I

Certaines choses sont inéluctables, car liées à des personnes qui agissent de façon inéluctablement prévisible. Voir ces choses arriver, c'est voir les rets du Karma sur les autres.

C'est aussi une incitation à se dégager des rets du Karma et donc à se détacher des choses matérielles.

lundi 10 mars 2008

La maturité des dirigeants

Depuis que je fréquente les comités de direction, je constate régulièrement que les directeurs sont des hommes comme les autres : imparfaits, impulsifs, prêts à beaucoup d'enfantillages, injustes, et souvent incompétents.

Etrange que notre monde produise ce genre de dirigeants. Sans doute est-ce parce que ces personnes ne dirigent que dans le monde matériel, et encore le croient-ils...

dimanche 9 mars 2008

Esotérisme versus mysticisme

L'ésotérisme est un ensemble de doctrines intellectuelles, de quelque côté que l'on regarde. Le chemin du mystique est plus simple et plus spontané. Souvent, les deux chemins divergent alors que fondamentalement, ils devraient parler de la même chose. Mais si les ésotéristes parlent, les mystiques, la plupart du temps, se taisent.

Citation d'Eliphas Lévi

Les hommes même qui passent pour s'occuper spécialement de philosophie, ressemblent presque toujours à ces enfants qui jouent à se proposer entre eux des énigmes, et qui s'empressent de mettre hors du jeu celui qui sait le mot d'avance, de peur que celui-là ne les empêche de jouer en ôtant tout son intérêt à l'embarras de leurs questions.

Réflexion en lisant Stanislas de Guaita

Ce dernier parle d'"occidentaliste". C'est typiquement ce qu'il faut à notre monde occidental : des gens qui le regardent comme l'Occident prétendent regarder l'Orient.

Deux articles sur la théosophie


Anatole France, article dans Le Temps du 24 avril 1887.


Article du Figaro du 16 septembre 1921.

Extrait de la "Bibliographie méthodique de la science occulte" de Papus (1892)



samedi 23 février 2008

Les lieux humains

Mon rapport avec l'ésotérisme est assez trouble. En tant que telles, les doctrines ésotériques m'intéressent d'une curiosité intellectuelle, mais, pour être très franc, je cherche à y trouver, ce qui, pour moi, correspond à la spiritualité. Or, pour moi, la spiritualité est monothéiste, essentiellement et uniquement monothéiste : c'est la recherche de l'Unité.

Ainsi, au regard de cela, les branches de la spiritualité qui soit oublient Dieu, ou le considèrent comme un lointain créateur (la franc-maçonnerie par exemple), soit les branches qui ont un côté polythéiste (au sens de la Baghavad Gita), me semblent dans l'erreur.

Pourtant, pour être capable de juger qu'elles sont bien dans l'erreur, il est nécessaire que je comprenne d'où vient leur erreur de peur de moi-même tomber dans ces erreurs sans m'en apercevoir. Car, le moins que l'on puisse dire de beaucoup d'ésotéristes est qu'ils étaient très intelligents. Cela n'en faisait pas des saints pour autant. L'intelligence peut être un poids.

C'est pourquoi, je consomme avec une grande prudence, les écrits des ésotéristes. Cependant, étant moi-même capable de grands égarements, je ne me considère pas comme à même de juger des égarements de tous les autres. Je sais simplement que je ne suivrai pas certaines voies que certains ont suivies.

En particulier, ce qui parfois me fait revenir à l'ésotérisme est la "boîte à outils ésotériques". Pour qui a besoin de comprendre, l'ésotérisme fournit des outils intellectuels, comme dans le cas des lieux humains, lieux chargés des mauvaises vibrations des hommes y ayant exercé le mal.

Seulement, je ne suis pas certain que ces outils servent vraiment à quelque chose.

mercredi 2 janvier 2008

La cupidité

L'homme cupide n'en a jamais assez. Quand il n'a pas, il n'est pas empli de gratitude ; quand il a, comme il a toujours moins que ce qu'il avait espéré, il n'est pas empli de gratitude.

Ainsi, la cupidité dépasse largement la cupidité matérielle. Or, à l'homme cupide, la spiritualité est close.

lundi 31 décembre 2007

Symbolique du microcosme

L'homme est le symbole du monde. J'ai mis longtemps à pouvoir placer des mots réels sur cette phrase que l'on peut si facilement analyser faussement d'un point de vue intellectuel.

A force de creuser en moi, j'ai vu, et ce que j'ai vu m'a montré des choses que personne ne voudrait voir en soi-même, comme le fait que chaque bribe du quotidien soit pilotée par des positionnements vis à vis d'habitudes du passé.

J'avais commencé à soupçonner cela en moi, il y a quelques temps. Tant de messages récurrents, tant de répétitions honteuses et agressives avaient tissé mon passé. mais je ne m'attendais pas à cela : à voir ce que tout cela avait créé chez moi. C'est en partie chose faite, le plus dur ayant été de l'accepter.

Or, quand je vois combien il est difficile de se rendre compte de ce genre de choses, d'en prendre conscience, de se positionner et de se soigner, je vois combien il en est de même pour l'humanité et pourquoi certaines choses prennent beaucoup de temps. Je vois en moi ces traces comme je vois les traces dans les autres. Je vois l'épreuve toujours à la limite de l'insurmontable mais pourtant surmontable, je vois les progrès microscopiques fondés sur un investissement dans le temps positif, le temps qui soigne, ce même temps dont la valeur a été oubliée au profit d'un temps mécaniste dont l'écoulement est équivalent à des valeurs sonnantes et trébuchantes.

Ce temps-là est mon allié. Ce temps-là vaut beaucoup plus que tout le reste. Ce temps-là apporte la vérité. Encore faut-il être capable de l'endurer.

Certes, une fois découverte, la vérité de l'âme n'est pas une surprise. C'est comme si je le savais dans mon coeur, comme si une direction dans laquelle j'avais toujours refusé de regarder s'était ouverte. Puis, j'ai contemplé l'étendue des dégâts, l'étendue de ces traces, l'étendue de ma non liberté.

Combien d'années seront nécessaires pour purger tout cela, pour construire sur les gouffres dans lesquels rien ne s'est construit ? C'est dans la voie de Dieu que j'ai espoir. Seule cette voie peut me permettre de combler le vide par le plein, le négatif par le positif, et enfin, d'être en accord avec moi-même et de trouver la paix dans ce que je suis, mais qu'on m'a fait oublier depuis ma naissance.

En ce sens, je commence à savoir qui je suis, même si la plupart de ce qui me compose et me bride n'est pas moi. Mais c'est comme si tout cela n'avait plus grande importance. La pression enlevée, c'est l'âme qu'il me faudra filtrer. Les masques du passé, une fois découverts, tomberont par eux-mêmes. Que soit loué notre Créateur !

mercredi 25 juillet 2007

Le nouveau site est en ligne

Pas mal de travail mais le nouveau site 1001nuits.org est en ligne.

jeudi 22 mars 2007

A petits pas 2

Le savoir utile à l'homme existe depuis des siècles. Il n'y a pas de nouveauté dans ce savoir qui est complet.

Le problème n'est donc pas vraiment de le trouver, car ce savoir n'est pas caché. Le problème de l'homme est de pouvoir en faire quelque chose, de le transformer en lui-même pour cultiver son jardin intérieur.

L'homme "incomplet"

Ceux qui parlent de l'homme "incomplet" spirituellement sont bien prétentieux. Pour qu'ils voient l'homme comme incomplet, il faudrait qu'ils puissent le juger dans son ensemble, eux qui ont déjà du mal à voir clair en eux-mêmes. Eux qui ne sont pas capables de créer un simple moucheron, il critiquent et donnent un sens à la création de Dieu qu'aucun écrit saint ne nous a jamais donné.

Quelle vanité que la théorie de l'homme "incomplet" ! Quelle imposture ! Quelle projection !

Nous sommes tous imparfaits, mais cela ne signifie pas que l'espèce humaine doive se parfaire suivant les "lois de l'évolution". Cela signifie que chaque être humain peut choisir individuellement de se parfaire pour aller vers Dieu.

Ces notions "d'espèce" et de "perfection spirituelle" à large échelle ne sont que des créations humaines intellectuelles et inutiles, des leurres.

Une certitude

Celle de n'avoir jamais rien inventé ni "créé".

Monothéisme et orthodoxie

Le monothéisme et l'orthodoxie spirituelle sont deux aspects de la même position d'équilibre instable, seule voie religieuse pure.

C'est pour cette raison qu'il y a, aura et eut toujours plus d'hétérodoxes que d'orthodoxes, car l'hétérodoxie est plus "simple", comme il y a, aura et eut toujours eu plus de polythéistes que de monothéistes car le polythéisme est plus "stable" car "impur".

mardi 20 mars 2007

Guénon et la notion de "tradition"

Je lis en ce moment mon troisième livre de René Guénon. J'avoue que ma perplexité augmente. Si La crise du monde moderne était manifestement un genre d'écrit polémique, si la critique de la théosophie était manifestement un écrit à charge, je ne pensais pas que l'Introduction à l'étude des doctrines hindoues pourrait être aussi partiellement un pamphlet. Arrivé à presque la moitié du livre, j'hésite à en poursuivre la lecture.

Car Guénon critique toujours et souvent d'une manière longue et détaillée, exhibant une vraie bile contre ceux qui sont, selon lui, dans l'erreur. Pourtant, quoiqu'il puisse ne pas aborder le sujet, derrière les méthodes de Guénon, on retrouve les mêmes méthodes que celles des grands intellectuels français. A l'instar de ses grands ennemis les théosophes, que j'ai déjà mis en cause dans ce blog, son approche doctrinaire et intolérante du monde ne peut masquer qu'il est un enfant du système qu'il critique et qu'il en respecte à la fois l'esprit et la lettre.

Certes, Guénon est probablement plus savant que la plupart de ses collègues orientalistes, probablement parce qu'il a des notions de spiritualité et surtout parce qu'il est ouvert à un certain nombre de connaissances ésotériques. Il semblerait aussi que son intellect soit capable d'envisager que les hommes ne pensent pas partout de la même façon, ce qui est bien. Mais il y a chez lui une intolérance qui souvent va jusqu'à se disperser dans les méandres des critiques mesquines envers ses collègues.

Sa notion même de "tradition" est étrange. Sa théorie de la cassure de la spiritualité occidentale catholique en trois étapes - Renaissance, Réforme et Révolution - a des accents véritables, mais surtout dans l'inconscient collectif français et non chez les gens eux-mêmes. Ainsi, dans son combat contre des fantômes, lutte-t-il contre une classe d'intellectuels bornés, persuadés de toute savoir sur tout, dont malheureusement, il fait partie lui-même, peut-être à l'autre extrémité du spectre. Car, il n'est finalement pas très différent de ceux qu'il critique.

Car, soyons francs : les orientalistes français sont-ils tous aussi navrants qu'aucun d'eux ne trouve grâce à ses yeux ? Fort heureusement, je suis d'un avis contraire. Il y a de la doctrine chez Guénon, du polémiste, de l'agressivité, du mépris, de la prétention.

De plus, sa théorie de la "tradition" en matière de spiritualité a des accents qui me dérangent. En effet, les chemins de la spiritualité sont nombreux et souvent très personnels. N'étant pas Dieu, je ne me risquerai jamais à prétendre les connaître tous. En particulier, il n'y a pas de raisons pour dire qu'il est plus difficile aujourd'hui qu'hier d'atteindre Dieu, cela en raison de la "disparition" en "Occident" d'un "enseignement" de type "traditionnel".

Certes, il est possible qu'un enseignement traditionnel de type spirituel ait pu être rencontré il y a quelques siècles plus facilement qu'aujourd'hui en Occident, mais est-ce vraiment le cas ? De plus, la qualité de cet enseignement était-elle due à la qualité des hommes qui enseignaient ou au contenu de cet enseignement, ou aux deux ? En ésotériste bon teint, Guénon semble évoquer une tradition déshumanisée, une tradition où les individus jouent peu de rôle en eux-mêmes mais ne sont que les vecteurs d'un savoir ésotérique. Je trouve cette conception de la tradition bien étrange car elle ne correspond pas à mon expérience.

La spiritualité, a contrario de l'ésotérisme, passe souvent par la rencontre entre un chercheur et une autre personne. Cette rencontre provoque la magie de faire progresser le chercheur dans son chemin personnel vers Dieu. L'ésotérisme, par son côté intellectuel, favorise la transmission d'un savoir ésotérique au travers d'un maître mais semble diviniser l'objet du savoir et non favoriser l'éclosion intérieure à Dieu, ni forcément faire fructifier la relation entre le chercheur et Dieu. L'ésotérisme n'existe pas en tant que tel dans la voie spirituelle, il n'existe que dans des niveaux de lectures de la même réalité que le chercheur accomplit. Pour les autres, ce savoir subjectif peut devenir ésotérique, mais non pour le chercheur qui ne fait que se modifier intérieurement. Un même savoir n'a pas de valeur s'il ne parle pas au chercheur qui le possède, s'il ne parle pas à son coeur.

Dès que l'on cherche autre chose que Dieu, notamment le savoir "ésotérique" pour ce qu'il est lui-même, on peut en venir aux grandes confusions de Guénon par rapport à l'esprit traditionnel, cet esprit qui n'a manifestement, pour Guénon, que pour but d'acheminer un savoir ésotérique. Or, chercher le savoir ésotérique et ne pas le trouver ou le trouver difficilement peut faire naître des frustrations que l'on projette alors sur le "système" duquel on est issu, sur la société, sur l'histoire, sur les institutions religieuses, responsables de l'échec ou de la difficulté de la quête. A l'instar d'un Sartre, on se sent alors légitimé à accuser "les autres" de la perte du savoir ésotérique, alors que peut-être notre démarche personnelle sur le chemin de Dieu n'était pas correcte.

Il y a là encore une mauvaise hypothèse très occidentale : est-on en droit de demander ce savoir ? Peut-on traiter le savoir sur Dieu de la même façon que n'importe quel type de savoir ? A-t-on en soi le coeur nécessaire pour l'accueillir ? Ce n'est pas évident. Il ne suffit pas de demander pour que Dieu obéisse. Nous ne commandons pas à Dieu. Il y a toujours eu beaucoup de chercheurs et peu d'élus. Or les élus commencent souvent par travailler sur eux-mêmes pour éradiquer leurs mauvais penchants comme la sempiternelle critique des autres. Avec l'ego de Guénon, on peut comprendre qu'il ait bâti une théorie de la destruction du savoir ésotérique. L'aurait-il eu entre les mains, l'aurait-il seulement reconnu comme tel ? En aurait-il fait quelque chose ?

Guénon est donc vraiment un ésotériste et non un homme spirituel. Comme Blavatsky qu'il a fortement critiquée, il emploie des méthodes dures, des critiques violentes, et fait souvent preuve d'une gratuite agressivité dans ses propos, d'un ego monumental soutenu par une intellectualité à toute épreuve.

Je préfère encore et toujours la voie des saints et des prophètes pour mener à Dieu. Ne peuvent parler de Dieu que ceux qui L'ont vraiment fréquenté. Je commence à comprendre maintenant pourquoi l'ésotérisme est si décrié par l'Eglise Catholique et si suspect dans l'islam. Car l'ésotérisme, s'il peut être un moyen, ne doit jamais être un but. L'ésotérisme en tant que but nous mène à l'hérésie, au culte de l'ego, au culte des idoles et à la légitimation de la projection de nos propres défauts sur nos congénères.

dimanche 11 mars 2007

La société de consommation spirituelle

Parfois, je reste un peu perplexe. Je voudrais bien garder des liens sur des blogs à tendance dite "spirituelle", afin de découvrir en eux des gens qui font quelque chose de ce qu'ils lisent, qui le fondent en eux pour l'appliquer, qui prennent de ces sources spirituelles pour devenir meilleurs. Je voudrais lire des gens décrivant leur ressenti sur la voie de la transformation, je voudrais comprendre ce qu'ils ont compris, je voudrais qu'ils en parlent, le détaillent et non restent à un niveau intellectuel pur, à un niveau superficiel, le niveau où les plaisirs n'ont ni épaisseur, ni durée, ni permanence.

Au lieu de cela, le plus souvent quand je m'abonne à un blog, je suis déçu. Je ne vois que des citations, étalées comme des morceaux de viande sur l'étal du boucher. Aucun recul, aucune pensée personnelle, aucun sentiment. Et, quand la pensée se fait personnelle, elle est si "spirituellement correcte" et intellectuelle qu'elle en fait pleurer. On dirait souvent un commentaire de textes de troisième dans lequel l'élève se soucie de ne pas fâcher son professeur, le "lecteur".

Ceux qui refusent "la religion", comme ils disent, sont dans la société de consommation spirituelle, prenant un coup à gauche et un coup à droite, au petit bonheur la chance, une citation qui leur fait un petit plaisir intellectuel et qui est aussi vite oubliée. On épingle alors la citation comme dans une collection de papillons, pris en dehors de tout référentiel religieux. Tous ces blogs sentent l'homme "moderne", l'homme qui juge, qui pense qu'il sait choisir mieux que d'autres avant lui, ça sent la supériorité, l'orgueil, ça sent l'ego.

Fais-je la même chose ? Je ne sais pas. Je ne pense pas. Pas vraiment. Les citations dont j'agrémente mon site son des éléments dans mon parcours, des éléments importants de la transformation de moi-même. Ainsi, certaines citations seraient d'un meilleur effet sur mon blog mais je suis encore incapable de bien les comprendre, alors je ne cite que celles qui me parlent vraiment, qui parlent à mon coeur.

Heureusement, les blogs sur l'islam sont encore les plus authentiques, car cette religion est intacte et pure dans bien des aspects, quoique les gens qui savent tout puissent en penser. Les blogs chrétiens ont du mal à s'autoriser à être mystiques, ce qui est dommage. Ils restent trop dans le dogme. Et les blogs juifs, rares en français, sont souvent trop ésotériques pour moi et emprunts du langage du Zohar que je ne connais pas bien.

Une des premières vérités de la spiritualité est qu'il faut être guidé pour y entrer. Sinon, on s'égare. Car, en spiritualité plus qu'ailleurs, les chemins de l'égarement sont multiples.

lundi 5 mars 2007

L'immense fossé

Je vis dans un autre monde, "autre" car, à mesure que le temps passe, je contemple combien le monde des "médias", des "informations", des "intellectuels", des "politiques", de "la culture", de "la recherche", de "la philosophie", de "l'éducation" est loin de moi. Non que je ne m'y intéresse pas, mais intrinsèquement, ce monde n'est pas le mien. Il est trop évanescent, ne parle que de mensonges, ne propage que des images négatives ou des images prétentieuses, ne favorise que l'agressivité en lieu et place de l'échange. Ce monde prétend apprendre, mais il n'apprend qu'à se sentir fier, qu'à se mesurer et à se battre et non à se découvrir soi.

Combien je ris intérieurement parfois devant ces débats d'intellectuels croyant avoir tout compris au monde et aux hommes et citant des références vieilles de dix ans tout au plus ! Comme si les hommes n'avaient pas pensé à part le cercle de leurs semblables contemporains immédiats... Douce illusion et grosses bêtises présomptueuses.

Souvent, je remercie Dieu de ne pas m'avoir égaré dans le sentier de "la recherche". Quelle désolante notion de la recherche que celle de ce monde. Je suis un chercheur, mais un chercheur de Lui et non un chercheur de position alignant les publications. Je suis un chercheur de l'Unité et non un serviteur du fractionnement infime du savoir en morceaux incohérents...

C'est pourquoi, je sens parfois l'immense fossé d'avec certains de mes congénères. Je ne vaux pas mieux ou moins bien qu'eux, là n'est pas la question. Mais j'ai parfois de la peine pour eux de voir dans quelles ornières ils se bloquent, quelles sont leurs obsessions et quels sont leurs rêves. Car, derrière certains de ces rêves, il y a la nécessité de lever des voiles...

Parfois, je me dis que je n'aurais jamais dû écrire une seule ligne, tant il est prétentieux de faire plus que de parler en face à face, face à un humain que l'on peut connaître autrement que par des mots froids écrits. Puis, je demande pardon à Dieu pour écrire, et je tente d'écrire pour Le satisfaire, pour poursuivre mon chemin vers Lui.

On ne peut pas donner ce qu'on a pas en soi. Et Maya ne peut donner plus que des illusions.

samedi 3 mars 2007

Rite d'initiation

Aujourd'hui, nous passons un rite important. Que Dieu soit avec elle et moi !

vendredi 2 mars 2007

A petits pas 1

Il faut entrer à petits pas en religion car, même si l'on se sent bien guidé par le coeur, les pièges sont innombrables, à commencer par les pièges de l'ego, plus redoutables que les pièges des personnes les plus viles. De plus, c'est à une somme d'informations touffue et complexe que l'on s'attaque, masse monumentale dans laquelle se trouvent des vérités comme des contre-vérités.

Patience et humilité dans le chemin vers Dieu. Et ne pas oublier de digérer correctement ce qu'on avale avant de manger plus. Parfois, un verset du Coran suffit pour plusieurs jours, parfois, des pages ne nourrissent pas. Car, la nourriture spirituelle est comme la nourriture commune : quand on ne parvient pas à l'assimiler, c'est notre organisme qui a un problème et non la nourriture elle-même.

Autour, le monde est dans la course illusoire des choses qui changent sans changer vraiment.

mardi 27 février 2007

Investigations sur la gnose 1

Je reprends mes investigations sur la gnose, et sur l'ésotérisme vu par le dogme monothéiste pur (je pense à la chrétienté et à l'islam, je connais trop peu le judaïsme pour me prononcer). J'en arrive aux interrogations par rapport à l'identité formelle entre gnose (au sens premiers siècles après Jésus-Christ) et idolâtrie du soi, hiérarchie spirituelle et gnose, ésotérisme (au sens élitiste) et gnose, et bien sûr "athéisme" et gnose.

J'ai commencé la lecture de l'encyclique de Jean-Paul II, Fides et ratio, qui semble traiter de quelques uns de ces sujets.

lundi 26 février 2007

Des lettres qui me ressemblent

Moi, au moins, quand j'écris quelque chose à quelqu'un, ça me ressemble et je dis ce que je pense. J'ai tant avalé de couleuvres que je ne peux plus le faire, ça me dépasse, ça m'insupporte.

Pas étonnant que les gens cherchent à interpréter ce que j'écris ! Ils n'ont pas l'habitude de lire la vérité... Ils font de l'ésotérisme là où il faudrait lire littéralement. Mais pour lire littéralement le mot "coeur", il faut en avoir un.

Je suis fier de moi ce soir, parce que cela faisait longtemps que j'avais envie d'écrire ces mots. J'ai clos le deuxième chapitre, probablement celui sur lequel je me suis le plus menti pendant si longtemps. Dur de s'apercevoir que la famille est composée de crapules sans coeur.

Qu'Il soit remercié de m'avoir tiré du marais... Parce que mon histoire et celle de ma famille, c'est du Zola.